
ENTREVUE AVEC DADA ZÊDKA PAR LE MAGAZINE BEL-ART
MAGAZINE BEL-ART : Monsieur Dada, vous ne croyez pas que votre truc est un peu dépassé... Il me semble que le dadaïsme est une vieille idée, une vieille chose poussiéreuse et ternie, remisée au grenier de l’oublie... N’avez-vous pas peur d’être démodé?
DADA dit : « La mode est une fleur morte »« Faire l’amour n’est pas moderne, pourtant, c’est encore ce que j’aime le mieux. »
Suivre les modes, c’est comme suivre le courant du déversement d’un égout en pensant qu’il s’agit d’un petit ruisseau aux eaux pures...
Cela dit, Dada est comme la poésie, et comme le livre! Dada ne se démode pas!
Le livre est d’avantage moderne et innovation que le sont les technologies. Le livre est la technologie la plus avancée en ce qui concerne le plaisir de lire... Le livre vient des gens du futur, et après avoir connu les technologies, ils ont reconnu la supériorité et la quintessence du livre. Ils ont aussi tout de suite reconnu que le livre était le meilleur support pour la poésie et qu’en ce sens la meilleure manière de remplir un livre c’est encore avec de la poésie! »
MAGAZINE BEL-ART : Les gens ne semble pas voir le futur de cette manière... Les livres ne sont-ils pas à la veille de disparaître? Dada n’est-il pas un mouvement artistique qui a atteint ses limites et qui est mort?
DADA dit : « Depuis sa naissance, Dada grandit... Il a percé ses dents, il a fait pipi au lit, il a piqué ses crises... Ensuite, il a connu ses premières bandaisons! Et il est resté un temps, constamment en état de rut, et alors qu’on s’imaginait que Dada était dans un état léthargique, il était, en vérité, en train de contenir ses envies! Au lieu de répondre à ses pulsions, et de seulement satisfaire de bêtes appétits, Dada s’est transfiguré et s’est appliqué à devenir imperméables aux convoitises, concupiscence, et autre conneries. Maintenant, Dada est un adulte, fort et beau comme un Dieu Grec... Dada n’est pas pressé... Dada sait comme tout démiurge, qu’il est immortel et omniprésent, alors Dada est patient... Dada ne deviendra jamais vieux, et ne deviendra jamais sage... Dada poursuit sa route en évitant la folie, la vieillesse, la duperie et la cupidité! Dada poursuit sa route... il ne s’arrête pas... Dada ne suit personne... Il ne cherche pas à rattraper les autres... Dada est toujours en avant! »
MAGAZINE BEL-ART : Vous me laissez perplexe...
DADA dit : « La seule façon d’être suivi, c’est de courir plus vite que les autres. »
Donc, je ne me suis pas beaucoup entrainé à peindre... Je me surtout efforcé de me faire de bon mollets! »
MAGAZINE BEL-ART : Alors, il n’y a rien à faire vous êtes dadaïste, ou néo-dadaïste?
DADA dit : « Non. Je suis résolument seulement Dada, et je déteste les "iste" et les "isme"! Du reste, comme je viens de l’expliqué à l’instant, Dada ne peut pas être "néo" car Dada est dans le futur et dans l’éternité... Quant à Dada, il a toujours été Dada et le sera toujours! »
MAGAZINE BEL-ART : Mais il me semble que « Dada » ça ne veut rien dire...
DADA dit : « C’est bien vrai... C’est presque qu’un mot complètement inutile! Mais il est trop chouette à dire et à redire, au risque de se répéter... »
MAGAZINE BEL-ART : Alors qu’est ce que ça veut dire être « Dada ». Qu’est ce que ça signifit pour vous Dada?
DADA dit : « Dada place avant l'action et au-dessus de tout : "le doute". Dada doute de tout. Dada est tatou. Tout est Dada. Méfiez-vous de Dada. »
MAGAZINE BEL-ART : Le doute? Ah bon! Vous me faites douter...
DADA dit : « C’est normal, je suis Dada... »
MAGAZINE BEL-ART : Pour ce que je sais de Dada, c’est un mouvement qui s’attaque à l’art... Ce que j’en ai retenu c’est que Dada était "anti-art", je me trompe?
DADA dit : Dada n’est pas anti-art... C’est vrai, par contre que Dada n’aime pas particulièrement l’art si l’art n’est pas Dada... Dada n’est pas en guerre contre l’art mais contre les abjections! Contre l’avilissement! Il est anti-corruption! Contre les droits que se donnent les commerçants, les colonisateurs, les contre l’exploitation des ressources et des humains, contre la guerre, les armes et toutes ces fumisteries! »
MAGAZINE BEL-ART : Mais, selon vous, c’est quoi la théorie Dada?
DADA dit : « Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous en avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoires d'idées formelles et autres infamies.
Fait-on de l'art pour gagner de l'argent et caresser les gentils bourgeois ? »
MAGAZINE BEL-ART : Donc, selon vous, Dada est une révolte contre le système, contre l’exploitation, etc...
DADA dit : « Oui, Dada dénonce la bêtise humaine et si Dada serait de l’art, il serait nécessairement de l’art engagé! D’ailleurs, vous aurez ici pour preuve que Dada a toujours été présent sous diverses formes, s’exprimant sous diverses identités... Par exemple, au début de la vague "punk", avant que ce mouvement devienne une mode et qu’il soit récupéré par les commerçants, il s’agissait d’un mouvement qui était inconsciemment Dada... »
MAGAZINE BEL-ART : Que signifie votre adhésion au mouvement dada. Quelle signification cela prête-t-il à votre œuvre?
DADA dit : « Dada ne signifie rien ». Dada n’est pas fait pour l’adhérence mais pour l’aberrance! De plus, si on se met à confondre les "b" et les "d", par inversion ou interversion dada devient baba, et vice et versa. »
MAGAZINE BEL-ART : Il y en a pour dire que vous êtes nuisible pour l’art et les artistes... Vous n’avez pas peur de vous faire une mauvaise réputation?
DADA dit : « Ceux qui médisent derrière mon dos ; mon cul les contemple! »
MAGAZINE BEL-ART : Certains disent que Dada veut la fin de l’art...
DADA dit : « L’Homme fait à tous les instants des déclarations définitives sur la vie, l’homme et l’art, et ne sait pas plus que le champignon ce qu’est la vie l’homme et l’art. En vérité, comme l’a si bien dit Pablo Picasso: L’Art est un mensonge! Et si ce mensonge permet de dévoiler la vérité, comme il l’affirme, de la même manière Dada lève le voile sur le mensonge qu’est l’art.
MAGAZINE BEL-ART : D’une manière vous voulez salir la réputation de l’art?
DADA dit : « Si vous voulez avoir les idées propres, changez-en comme de chemise. »
MAGAZINE BEL-ART : Aidez nous à suivre votre approche...
DADA dit : « Jadis l’Église vous disait comment penser, comment manger, comment vous habiller, comment vous comporter... Maintenant ce sont les commerçants qui vous dictent comment penser et agir... Ils vous disent comment manger, comment vous habiller, comment vivre!!! Depuis que les commerçants ont pris votre vie en charge, l’aliénation est d’autant plus profonde et l’humanité d’autant plus bernée. »
MAGAZINE BEL-ART : Mais alors, êtes vous contre que l’on enseigne les arts à l’école?
DADA dit : « J’ouvrirai une école de vie intérieure, et j’écrirai sur la porte : école d’art. »
MAGAZINE BEL-ART : Si Dada est rien et ne veut rien dire, pourquoi vous faire porte-parole de Dada?
DADA dit : « Il n’y a d’indispensable que les choses inutiles. »
MAGAZINE BEL-ART : Alors, vous considéré que l’art est inutile?
DADA dit : « Non, je ne considère pas l’art! Je vous le redis : Je ne considère que ce qu’il y a d’indispensable. »
MAGAZINE BEL-ART : « Et selon vous, qu’est-ce qui est indispensable? »
DADA dit : « La vie, la bouffe, l’amitié, l’amour, le sexe... voilà ce qui est indispensable... L’art n’est pas indispensable, c’est un caprice! Une lubie lubrique! C’est un trouble mental qui s’est trouvé un moyen de persister! »
MAGAZINE BEL-ART : Donc votre manière de voir Dada c’est une manière de détester l’art et tout ce qui s’y rapporte!
DADA dit : « Je ne déteste pas l’art! Je déteste les jeux de patience! Et l’art, pour moi est un casse-tête! Je regarde l’art comme s’il s’agissait d’un malade qui a besoin d’aide... Je ne déteste pas l’art je veux sont bien et je veux le bien des artistes... Mais s’ils veulent enfin mieux manger et mieux dormir ils doivent cesser de s’adonner à l’art! L’art est un attrape-nigaud! C’est un piège pour les faibles d’esprits, un refuge pour les psychopathes, les déséquilibrés, et les vampires! »
MAGAZINE BEL-ART : J’ai un peu de peine à vous suivre... Vous continué de m’apparaître comme quelqu’un qui en veut à l’art et qui cherche à salir sa réputation...
DADA dit : « La mauvaise réputation que s’est fait l’art et la mauvaise réputation que ce sont fait les artistes aux yeux du reste du monde est déjà monumentale...
Ce gros kyste purulent est sur le point d’éclater au grand jour, c’est pourquoi Dada se manifeste avec joie au pied de cette tumeur géante que certains vénèrent comme s’il s’agissait d’une montagne sacrée! »
MAGAZINE BEL-ART : À ce que je comprends, il n’y a rien à tirer de sérieux de Dada, vous tournez tout à la dérision. Il nous semble que Dada au lieu de donner un sens à l’Art, cherche plutôt à se moquer, et à rendre tout acte insensé! De ce fait, il me semble que votre démarche est non seulement déconcertante, mais aussi si ce n’est pas une forme de suicide, c’est du moins une démarche qui ne démontre pas beaucoup de sérieux...
DADA dit : « Les gens sérieux ont une petite odeur de charogne... »
MAGAZINE BEL-ART : On se demande, tout de même, où votre démarche va vous mener! Dada n’est-il pas une sorte de cul-de-sac?
DADA dit : « Mes pensées me disent où je me trouve, mais elles ne m’indiquent pas où je vais. »
MAGAZINE BEL-ART : Avez-vous au moins une opinion à formuler au sujet de l’art ?
DADA dit : « Toute opinion est transitoire, et toute œuvre est permanente. »
MAGAZINE BEL-ART : Mais comment vivre de cette manière? Comment les artistes pourraient, dans la réalité, trouver les moyens de vivre s’ils pensaient comme ça? Aucun artiste n’accepterait aujourd’hui de laisser s’effondre le marché de l’art et le système des galeries d’art! Faire de l’Art en ridiculisant les arts, n’est-ce pas un peu suicidaire?! Comment les artistes pourraient-ils tirer de l’argent pour leurs œuvres en suivant les idées de Dada?
DADA dit : « L’argent est le meilleur bouillon de culture où puisse pulluler la mauvaise foi, la muflerie et la prostitution... »
MAGAZINE BEL-ART : Vous y aller fort!
DADA dit : « C’est la meilleure manière d’enfoncer un clou! »
MAGAZINE BEL-ART : Sans blague, vous n’y allez pas de mains morte avec les artistes...
DADA dit : « Les artistes sont le résultat de l’avarice de la nature. Le peu d’esprit qu’ils ont leur est donné par la méchanceté. »
MAGAZINE BEL-ART : Alors vous ne donner pas de valeur à l’art et encore moins au travail des artistes...
DADA dit : « La valeur de l’art est décidé par les yeux des commerçants et des acheteurs... De nos jours, l’art est défendu par des économistes! Ceux qui s’intéressent à sauver l’art sont des "rats de galerie".. Les rats de galerie sont semblables aux rats d’égouts mais ils sont encore plus gros et soulèvent encore plus le dégoût! Le rat de galerie est particulièrement insatiable de détritus, d’immondices, de charogne... Les rats de galeries vivent très bien au milieu des ordures, alors ils fréquentent les dépotoirs! Tout les moyens sont pris par le rat de galerie afin d’obtenir toujours plus de pourriture à se mettre sous la dent! »
MAGAZINE BEL-ART : À qui faites vous allusion quand vous parler ainsi des "rats de galerie"?
DADA dit : « Je parles de ces artistes diplômés, de ces gestionnaires d’indigeste! De ces mandataires du mensonge! De ces spécialistes en la chose! Je les tiens responsables de leurs responsabilités! Je parle de ces économistes de pacotille! De ces administrateurs de médicamentations douteuses qui cherchent à endormir les esprits, et qui prescrivent de poursuivre les traitements! »« L’art est un produit pharmaceutique pour imbécile »« Il est difficile d’apprécier une œuvre d’art si on n’accepte pas de ramollir notre cervelle, et accepter de jouer le jeu de l’imbécile qui a tout compris au risque de passer pour un imbécile! L’art s’acharne à abrutir les gens! »
MAGAZINE BEL-ART : Vous y allé un peu fort, vous ne trouvez pas?!
DADA dit : « Pour preuve que l’art est un produit pharmaceutique pour imbécile ; les artistes vont étudier les arts en croyant qu’une fois leurs études finies, ils seront des artistes! Ils croient que l’art s’apprend dans les écoles! Ils sont absolument convaincus que celui qui n’a pas étudié les arts est incapable de comprendre les arts! Oui ! Absolument convaincu! Mais jamais il ne leur viendrait à l’idée que l’art est un piège pour les imbéciles. Que les universités et académies leur prend leur argent et leur liberté ; contre rien de plus qu’un voyage au pays du magicien d’Oz... Les uns n’ont pas de cervelle, les autres n’ont pas de cœur et les derniers sont des lâches! Ils sont en quêtes de raison d’être... Ils aspirent à l’art, comme on aspire à être quelque chose quand on est peu de chose! Ils affirment que c’est une affaire de « connaissances »... Oui, effectivement, ils aspirent à l’art pour être connus et enfin reconnu... Ils étudient, donc, afin d’acquérir des connaissances et de devenir des artistes en connaissance de cause. Mais personne n’ose avouer qu’en vérité l’art est un stratège qui permet à des imbéciles de se prendre pour des génies! »
« Les hommes gagnent des diplômes et perdent leur instinct »
Et ce qui est le plus aberrant c’est que : « Les moyens de développer l’intelligence ont augmenté le nombre des imbéciles. »
MAGAZINE BEL-ART : Mais que doit on faire pour enfin plaire à Dada?!
DADA dit : « Il faut être nomade, traverser les idées comme on traverse les villes et les rues... »
MAGAZINE BEL-ART : La manière que vous expliquez Dada, me rend difficile à concevoir toutes formes d’art ou d’expression...
DADA dit : « Dada est décevant car il est inconcevable »
« Au moment où nous concevons le concevable, il commence à raisonner en nous et devient inconcevable. »« Le plus acceptable des systèmes est celui de n’en avoir, par principe, aucun. »
MAGAZINE BEL-ART : Donc Dada ce n’est pas de l’Art?
DADA dit : « Absolument pas... Dada n’est pas « art » il est « poésie »... Il n’y a d’intéressant pour Dada que la poésie du monde! Et tout ce qui est inutile est là... Humblement, simplement... C’est la seule vraie beauté du monde! Oui ! Dada s’abreuve à la poésie! Cette discrète poésie qui est omniprésente comme Dieu, car elle est Dieu! Du moins la poésie est le Dieu de Dada! »
MAGAZINE BEL-ART : Vous emblez donner beaucoup d’importance à la poésie... Selon vous les poètes sont préférables aux artistes?
DADA dit : « Le Poète cache sous l’expression de la joie, le désespoir de n’en avoir pas trouvé la réalité!
MAGAZINE BEL-ART : Mais, vous allez au moins convenir qu’il y a bien des artistes qui ont eut du génie, et qui ont réalisés des œuvres géniales ?
DADA dit : « Il n’y a vraiment que les médiocres qui aient du génie de leur vivant. »
MAGAZINE BEL-ART : Alors vous méprisé aussi le génie!
DADA dit : « Le génie? C’est une autre invention des intellectuels! »
MAGAZINE BEL-ART : Vous méprisé ce qui est intellectuel?!
DADA dit : « J’admire les gens d’érudition, j’admire le savoir-vivre et l’intelligence, mais pas l’intellectualisation et l’art! Comme l’expliquait si bien mon ami Real Mutt : « Un intellectuel est quelqu’un qui regarde une nappe à carreaux et pense machinalement à Mondrian. ».
MAGAZINE BEL-ART : À quoi vous fait penser une nappe à carreaux?
DADA dit : « À une prison pour les pensées... »
MAGAZINE BEL-ART : Vous-êtes sérieux?
DADA dit : « Je sais, je sais... La majorité des gens, quand ils voient une nappe à carreaux, ils ont une envie de fèves au lard! »
MAGAZINE BEL-ART : Vous vous arrangez pour penser différemment ou être différent... C’est la marginalité qui vous intéresse?
DADA dit : « Non c’est seulement que je n’ai pas de personnalité... »
MAGAZINE BEL-ART : Il me semble qu’avoir une personnalité est le minimum dans la vie si on veut se faire reconnaître...
DADA dit : « Une personnalité n’est qu’une erreur persistante »« Je ne cherche pas à me faire reconnaître... Je cherche à faire reconnaître ses erreurs à l’ar... Sinon, je cherche à fuir la la médiocrité! »
MAGAZINE BEL-ART : Vos affirmations sont certainement ahurissantes... J’imagine que c’est une forme de provocation... Elles sont effectivement choquantes et virulentes à souhait! Mais, vous n’allez pas vous faire beaucoup d’ami en affirmant que les artistes sont des imbéciles!
DADA dit : « Pour se sauver, il n’y a qu’un moyen : sacrifier sa réputation »
MAGAZINE BEL-ART : Vous le pensez vraiment?
DADA dit : « L’art c’est pour les tarés... »
MAGAZINE BEL-ART : Peut-être mais plusieurs artistes sont reconnu pour leur talent, et appréciés du public alors que vous, Mr. Dada, vous ne proférer que de viles paroles au sujet de l’art sans avoir démontrer de talent, ni, non plus n’avoir jamais été reconnu nulle part!
DADA dit : « C’est vrai les gens ne me reconnaisse pas... je suis sans personnalité donc pratiquement invisible... »
MAGAZINE BEL-ART : Vous n’avez aucune notoriété d’aucune sorte... Vous n’êtes reconnu par aucun spécialistes d’art aucun connaisseur, aucun intellectuel et vous vous permettez de les traiter tous de tarés!
DADA dit : « Oui... Et je préfère être un raté qu’un taré! »
MAGAZINE BEAUX-ARTS : Le succès ne vous intéresse pas?
DADA dit : « Le succès de l’insuccès est un succès »
MAGAZINE BEL-ART : On ne s’en sort pas avec vous! Vous tournez tout à la blague!
DADA dit : « Surtout, je tourne le dos au sérieux et je tourne tout au ridicule! C’est que j’entend à rire! Le rire est la musique préférée de Dada.»
MAGAZINE BEL-ART : Si j’ai bien compris, Dada est une forme d’humour... Il faut vous prendre avec humour, pour bien saisir vos élucubrations!
DADA dit : « L’Humour c’est l’eau de l’au-delà mêlée au vin d’ici bas. »
MAGAZINE BEL-ART : J’avoue que vous êtes assez drôle...
DADA dit : « Les artistes se plaignent qu’ils sont pauvres, mais avec leurs dépendances à l’alcoolisme et de toxicomanie, leur style de vie coûte cher! Ce sont des anarchistes sans foi ni lois!! (rire) »
MAGAZINE BEL-ART : À la manière des pionniers Dada, il me semble que vous vous permettez de prendre des positions politiques assez inusités!
DADA dit : « Dada a toujours été politique en soi... Il s’attaque au militarisme et au militantisme... Il s’attaque à la guerre, aux industries, à la mode, aux mensonges, aux commerçants, et aux arts... Dada est un justicier masqué! Dada n’a pas été mis au monde pour sauver l’Art, mais bien pour sauver l’humanité!
« Durant la 1ère Guerre Mondiale, Dada a été une souris traversant un champ de bataille... Une souris qui comme toujours se désespérait des agissements des hommes! Ensuite, durant la 2ème Guerre Mondiale, Dada est devenu l’ennemi juré du Reich. Maintenant, alors que nous entamons la 3ème et dernière Guerre Mondiale, Dada refait surface! »
Dada est de retour pour dénoncer les faits...
Alors que le jus aqueux et sale de l’Art repose Dada refait surface
Les résidus s’en sont allé au fond créer un dépôt
Dada est remonté à la surface, comme une huile pure prête à s’enflammer!
Dada est la seule solution pour mettre fin aux injustices de l’Art
L’Art est raciste! L’Art est xénophobe et ségrégationniste!
L’Occident a fait beaucoup de tord à la poésie en se faisant défenseur des arts
Les arts ont de toujours été l’affaire des mystificateurs
Oui, les arts ont toujours été le meilleur moyen de tromper l’humanité!
L’Occident a décidé que l’Art intelligent ne pouvait venir que de l’Occident
L’intelligence est un produit occidental
Le génie ne peut pas se trouver ailleurs dans des peuplades aborigènes
Selon les artistes occidentaux, le génie est absent dans certaines communautés, voire même dans certains pays!
Le monde des Arts a décidé que l’Art était « une affaire »
Le monde des Arts n’existe plus, il a été remplacé par le « Monde des Affaires »
Il faut faire de « bonnes affaires »
Du moment où l’art ne fait plus faire de bonnes affaires, l’art ne vaut plus rien
Dada lui s’affère à ne jamais faire affaire avec le « Monde des Affaires », et à vrai dire Dada a autre chose à faire !
Sa mission est justement de défaire l’emprise de cette main de fer munie de serres! De dégager l’humanité de cette emprise étouffante! »
Le « Monde des Affaires », exploite toutes ressources
Exploite aussi l’humanité
Le « Monde des Affaires » a mit le « Monde des Arts » à son service!
Ces mondes là sont immondes!
MAGAZINE BEL-ART : Si j’ai bien compris vous détester l’art, et donner l’impression de détester tout... Y-a-t-il au moins quelque chose que vous aimez?
DADA dit : « J’aime tout ce qui est Dada... Je ne déteste pas L’art en soi... C’est stupide de détester, et de verser sa haine sur ce qui nous dérange. L’Art me dérange... Je voudrais qu’elle change de mission où qu’elle disparaisse... L’Art me dérange ! C’est comme les armées... J’aimerais bien que tout ce frics, tous ces efforts humains soit investit ailleurs, dans des projets qui ferait de notre planète un endroit où il fait bon vivre et où les gens pourraient enfin profiter de leur existence... Pour le moment c’est l’avare « Monde des Affaires » qui profite! »
MAGAZINE BEL-ART : Il y a bien des artistes qui sont pauvres, et qui en arrachent! Je ne crois pas qu’ils soient complices du monde des affaires, comme vous dites!
DADA dit : « Oui, ils sont pauvres, démunis, crasseux, impuissant, malades, névrosés et faciles à manipuler! La plupart des artistes sont dans la dèche, mais ils devraient simplement abandonner l’idée de l’art! C’est le Monde des Arts et son complice le « Monde des Affaires » qui les tue et qui les fait taire! Si un artiste veux un peu d’argent et de célébrité il n’a qu’à se mettre à leur service! »
MAGAZINE BEL-ART : Vous prétendez donc que les artistes choisissent leur condition? Qu’ils sont coupable de leur pauvreté et de leur insuccès.
DADA dit : « Laissez-moi rire! Sinon, de quoi parler vous? Les artistes qui se plaignent d’être pauvres, ou incompris... Ces artistes qui se disent « undergound » ou « mal-aimé », ne sont en réalité que des junkies en manque! Le plus souvent leurs œuvres (comme ils les appellent) ne sont que des esquisses malhabiles de leurs malaises, de leur mal-être! Ils jouent avec des matériaux comme s’il s’agissait de médiums! Ils s’attendent à ce que les médiums fassent venir les esprits!!! Mais en vérité, les artistes de cet acabit ne dessinent dans leurs carnets d’esquisses que des dessins sombres, des lignes qui se précipitent vers des précipices propices aux précipitations... Ils croquent sur le vif des ombres ou des hallucinations dues à leur toxicomanie. Ils nous invitent à regarder avec admiration leurs dégâts! Le plus souvent il s’agit de tentatives maladroites pour exprimer les vertiges et inconforts de l’égo! Ainsi, la plupart de ces œuvres, dites d’art, ne sont en fait que des sortes de confessions affligeantes, pour ne pas dire accablantes! On se retrouve alors devant les pages d’un journal intime où l’artiste s’est immolé, mais où il n’est pas arriver à la combustion, faute de carburant. L’artiste pauvre et démuni n’a pas les moyens de se payer du carburant. Alors il se plaint, et ses œuvres s’apparentent étrangement à une liste de plaintes. Les artistes démunis sont pour la plupart des pleurnichards. C’est parce qu’ils ne sont pas parvenu à dompter leur ego. Ils aspirent à la célébrité! Ils n’ont pas compris que le « Monde des Arts » est élitique et que dans l’espace restreint de la célébrité les sièges sont réservés. Afin de connaître la célébrité, il y a un prix à payer... Les pauvres dépensent toutes leurs énergie et perdent leur existence à comprendre que si tu ne peux pas ou ne veux pas payer le prix, tu prends ton trou et tu fais comme si tu n’existais pas. L’artiste pauvre peux bien rechigner, ruer dans les brancards, exprimer ses déceptions, ses désarrois, mais rien ni fera, car le « Monde des Arts » fait la sourde oreille. »
MAGAZINE BEL-ART : Que pensez-vous, alors, des artistes qui connaissent le succès et qui amassent des fortunes?
DADA dit : « Mon dieu ! Les fortunes ont tendances à toujours rester là où elles sont... D’habitude ceux qui contrôlent l’argent s’arrangent pour qu’elle reste entre « bonnes mains ».
Suivant cette logique, les artistes qui touchent de l’argent ont des "bonnes mains".
La bonne main est celles qui serrent d’autres bonnes mains
Les bonnes mains sont celles qui font circuler l’argent et qui font fonctionner l’économie
Durant ce temps les artistes démunis font des économies!
Cela dit, généralement les artistes qui sont parvenus à se faire connaître sont des parvenus!
MAGAZINE BEL-ART : Donc vous n’avez pas de considération pour un artiste aussitôt qu’il connait la célébrité?
DADA dit : « Loin de moi cette idée! Je n’ai rien contre la célébrité... Ni contre l’argent d’ailleurs... Je suis pour un partage plus équitable! Je me dis qu’il y a assez de place et de ressource sur cette planète pour satisfaire toute l’humanité! Il y a assez de talent, de savoir faire, d’innovations et de génie sur cette planète pour qu’elle devienne un endroit où il fait bon vivre! Il y en a par contre qui sont prêt à aller à l’encontre de toutes logiques! Ils détruisent l’environnement et exploitent toutes ressources.... Ils sèment maladies, pauvreté, désespoirs partout au milieu de l’humanité désemparée! Ils exploitent la nature, les animaux, les enfants... Ils n’ont aucun scrupule... Ils avancent en fermant les yeux et en faisant la sourde oreille! Ils avancent et volent, et violent! Ils ne laissent que ruines et désolation sur leur passage... Ils n’ont aucun scrupule... Et plus on avance vers la richesse et la gloire, plus nos yeux et nos oreilles se bouchent!
Comme disait mon précurseur, Jean Arp : « Si quelqu’un a des oreilles qu’il voit, s’il a des yeux qu’il entende! »
MAGAZINE BEL-ART : Alors, quel est la mission de Dada?
DADA dit : « Si Dada ferait de l’art il ferait nécessairement de l’art engagé! Mais Dada est incapable de ne pas se dégager de toutes emprises alors, il ne s’engage jamais en politique. Dada s’engage à défendre la liberté d’expression et le droit à la vie d’exister! »
« Dada n’a pas de directives et ne suit aucune direction... Il va toujours dans le bon sens, même si on considère le plus souvent que Dada est insensé... Dada est avant tout protecteur de la poésie, et la poésie nous environne, car elle est-elle-même notre environnement! La poésie est dans la nature, et c’est la nature de l’homme d’être poète!
Nécessairement, Dada se soucie de l’environnement...
Ce qui est sain doit être protégé. Ce qui est malsain a le droit de disparaître, sans même laisser de traces...
Ce qui est beau et nécessaire c’est l’environnement! On ne doit pas le laisser se faire salir...
Les âmes souillées sont à l’aise dans un environnement pollués, et malsain.
Selon Dada, l’Art est une invention pour pervertir les âmes!
L’Art ne concerne plus que les gens avides de célébrités et d’argent...
Les artistes d’aujourd’hui ne se soucient pas de l’environnement, ni des infamies et virus qu’ils propagent, ils se soucient de leur carrière! Ils veulent la gloire à tout prix! Les artistes sont le plus souvent des pollueurs d’environnement, des pollueurs d’esprit...
Le domaine des arts est devenu, ni plus ni moins, une secte! Une secte réunissant une bande d’illuminés psychopathes faméliques, avides de gloire!
Certains poètes du milieu underground étaient prometteurs! Mais ils ont décidés de tomber dans la facilité : têtes de morts, sexes, urinoirs! Et encore une fois : têtes de morts, sexes, urinoirs! Ils ont ainsi créé des dépendances et la plupart sont soit junkies ou déprimés ou fous.
MAGAZINE BEL-ART : N’est-ce pas intéressant qu’ils s’expriment?
DADA dit : « C’est devenu des jérémiades de pauvres désespérés. Ils ont besoin de réconfort... Ils ont besoin de soins... »
MAGAZINE BEL-ART : Et qu’est-ce que Dada a à dire pour clore cet entrevue?
DADA dit : « Dada dit Zut et re-zut! »
MAGAZINE BEL-ART : ?
DADA dit : « C'est sans issue! »
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Entrevue réalisé par le magasine "Bel-Art" à Montréal, le 31 octobre à la suite de l'exposition de Zêdka qui eut lieu à la Galerie "Nowhere" du 28 au 30 octobre 2011.
L'interview fut réalisé par : Anna Kronik du magazine "Bel-Art" - mis en ligne sur le Blog "Dada Kronik"
(DADA ZOZO BLABLA... textes de Hugo Ball + Tristan Tzara + Francis Picabia + Max Jacob + Huelsenbeck + Jean Arp + Max Ernst + Jean Paulhan + Benjamin Péret + Robert Desnos + Philippe Soupault + René Crevel + Dada Zêdka)
Rédaction : 21 octobre 2011 par Éric Hochet
© Dada Zêdka - octobre 2011
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