mercredi 2 novembre 2011

ZÊDKA EXPRIME SES ERREURS !!!

PARTURITION :
Évidemment, comme la plupart des enfants, je suis né, la morve au nez, dans une feuille de chou, au milieu d’un champ religieux, où chantait faux un ange distrait.

Mes parents consacraient passionnément tout leur temps et leurs efforts à la culture... à la culture du chou, j’entends.

De fait, j’ai grandis en jardinant, et pour moi tout ce qui nous entoure, tout ce qui vit a fini par se résumer à cinq éléments, cinq forces vitales créatrices, c'est-à-dire : l’étherique, le feu, l’air, l’eau et la terre. Cinq éléments sans quoi rien n’existerait et qui sont à la source de toutes quinte-essence!

Pour mes parents toutes formes d’art exprimaient la voix du diable et de ses suppôts, alors je me suis bien garder de m’adonner à ce genre d’exercice!

Mais c’est surtout au sens "primitif " que je me suis mis à dessiner, à peindre ou à sculpter... Dans un esprit qui se rapproche davantage à celui de l’aborigène plutôt qu’à celui de l’"artiste" en tant que tel. L’artiste occidental plus particulièrement, parce qu’il est le plus souvent carriériste et préoccupé par des questions d’argent, de réputation, de renommée, de nomination, de dénomination, de détermination...

Pour ma part, je ne suis rien de moins qu’un autochtone... Sans doute je fais beaucoup de bruit pour rien... Non seulement je n’ai pas la prétention d’être un artiste, mais je n’ai pas ni le talent, ni l’ambition nécessaire...

Enfin, le plus souvent, je me retrouve avec un instrument de musique, un crayon ou un pinceau à la main et je m’exécute... J’agis sans trop réfléchir...
Quand mes dessins me font rire, ça me fait du bien, sinon c’est chiant, ennuyeux... presque ennuyant...

ÉTUDES :
J’ai étudié la philosophie, les mathématiques et l’architecture... Alors que mes professeurs parlaient, comme d’habitude, je n’écoutais qu’à moitié. L’autre moitié de mon attention a toujours été réservée à l’« ailleurs ». Ailleurs alentours, ailleurs jusqu’aux plus lointaines confinitudes, partout ailleurs... D’ailleurs, j’ai toujours l’impression que le plus important se passe ailleurs, toujours là où je ne suis pas! J’ai peu appris de tout cela, sinon à surmonter mes frustrations.

Plutôt que de suivre une thérapie, j’ai opté pour des études en théâtre et en musique... Ce sont deux disciplines qui me conviennent, alors je leur ai consacré la majeure partie de mon temps... J’ai étudié le théâtre et la musique à Paris, auprès de véritables maîtres! Ils m’ont tous fortement conseillé de ne pas m’adonner à la peinture!

DÉMARCHE ARTISTIQUE :
Au début de ma carrière, je marchais dans une direction qui menait droit dans un mur... Après m’être cogné la tête jusqu’à ce que douleurs et saignements s’en suivent, je décidai enfin d’y pratiquer un orifice... Mon passage par cette pratique embrassure marque sans doute une étape importante dans ma carrière.

Une fois au dehors, je continuai enfin à poursuivre ma voie, selon les routes et les déroutes... De fait, j’avance désormais dans une direction qui mène directement dans un précipice propice à la précipitation... Cela explique pourquoi je ne me presse pas. J’avance en ralentissant.

TECHNIQUES INNOVATRICES :
Malgré mon manque évident de talent, je ne peux pas m’empêcher de tartiner des surfaces avec de la peinture, je ne peux pas m’empêcher de faire des gribouillis...

Le plus souvent, je croque sur le vif. Je dessine une petite horreur de quelques traits noirs... Je me constitue un canevas semblable à la page d’un livre à colorier... Ensuite, je badigeonne... Je remplis les espaces vides avec des couleurs vives, comme je l’ai toujours fait depuis mon plus jeune âge... Ensuite, je considère mon horreur... Je me désole de sa disgrâce et le plus souvent mes yeux sont choqués par les couleurs trop intenses qui composent le gâchis... Mais ce n’est que partie remise !

Considérant qu’il vaut sans doute mieux effacer tout ça, je m’applique à appliquer du blanc... Je recouvre alors la surface peinte d’un voile blafard. Une fine pellicule opaline qui étouffe presque définitivement les teintes et les ombres au tableau...

J’ai inventé la technique du « blafardage » pour répondre à la grande majorité du public qui exigeait que l’on cache ces horreurs aux yeux du monde! Alors, je l’ai fait d’abord pour épargner les âmes sensibles. Surtout les artistes et leurs bulldogs, car généralement, ils ont en horreur la plupart des horreurs!

Mais encore... J’ai surtout inventé la technique du « blafardage » pour cacher des défauts. Et aussi parce que je ne me soucie pas vraiment des sujets, ni des dessins, ni des couleurs... Si je blafarde ainsi, c’est par souci de discrétion, de manière à pondérer mes emportements ... En vérité, je vous le dis : « J’œuvre seulement par souci de la luminosité ».

MÉTHODE & SOURCE INSPIRATION :
Je puise moin inspiration à même mon imagination fertile... Afin de me trouver dans un état d’esprit appoprié, j’écoute de la musique... Elle est à la base de toutes mes pensées et agissements... La musique allume le feu aux poudres! Le reste s’en suit... J’exécute mes tableaux comme un rituel, comme une danse, comme une transe.

INFLUENCES :
J’ai peins mes premiers tableaux parce que je n’avais pas les moyens de me payer un Picasso ! Je voulais des œuvres d’artistes réputés pour mettre sur le mur de mon salon... Mais c’est hors de prix et sans doute il s’agit là d’une coqueterie réservée aux mieux nantis... Donc, j’ai commencé à peindre pour accrocher des toiles dans mon logis... J’ai eu de suite des Jackson Pollock et des Mondrian! Mais ils étaient si semblables à des originaux que j’ai du accepté de m’en départir pour la somme considérable qu’on m’en offrait... C’est à l’époque où je tirais de l’argent pour ce que je faisais...

CLASSEMENT :
Les historiens de l’art me place parmi les adeptes de l’"Art Brut". Certains me reconnaissent une influence du côté des « primitifs » mais je dirais plutôt que je suis un peintre "sauvage"... D’autres disent que je suis essentiellement héritier des peintres naïfs, mais si je suis un tantinet naïf, je l’avoue, je ne suis pas crédule! Les artistes qui sont déjà à l’étroit dans leur case me considère comme une curiosité ou un indésirable. Ils me classe donc en marge de l’art et me donnent le titre de "néo-outsider". Ceux qui me connaissent bien vous diront qu’ils me classent parmi les gens sans classe.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire